mardi 31 mai 2011

La démocratie locale, pour contrer le chaos.


Tout  le monde s’accorde pour constater que la révolution tunisienne a été conduite notamment par les localités et les régions oubliées. Pour des raisons purement  techniques, les jeunes ont fini par marcher  sur Tunis pour décapiter le régime.  Puis, Tunis , dans une transe chaotique bien organisée, a englouti la révolution et les révolutionnaires, encore une fois, pour des raisons techniques. Démocratie de partis oblige.
Les revendications des révolutionnaires ne seront pas bien sûr satisfaites par les seules élections nationales de constituante et l’émergence  d’un gouvernement et d’un président  légitimes. Leurs revendications se rapportaient à la participation à la gestion des affaires de leurs patelins, localités ou régions.  Ils veulent avoir leur mot à dire dans les problèmes de développement  socioéconomique duquel, ils refusent (de continuer) d’être exclus. La démocratie locale leur parait être  l'urgente par excellence, plus pertinente pour leurs revendications. L’Etat central doit mettre en place les structures représentatives locales et régionales... de suite. Il doit, de même,  assurer une assistance technique nécessaire pour la formulation d’un Plan de développement porteur d’une vision moderne et bénéficiant d’une adhésion totale des populations concernées. Beaucoup des partis politiques, poussés sur le devant de la scène  malgré eux, ne pensent pas  renvoyer l’ascenseur car les vrais enjeux, pour eux, se résument dans la représentation nationale, les strapontins de ministères et les postes politiques qui rapportent des partisans.

Pour certains, la gestion des affaires locales est, manifestement, une question technique qui peut attendre. Au risque de précipiter les régions dans  un chaos qui prend des couleurs tribales ou régionalistes, manipulées ou spontanées, justifiées ou irrationnelles.

Le Politique et l'Expert: Une réconciliation historique?

Aujourd’hui, mis sous pression excessive, le gouvernement provisoire –ce sera la même  situation pour le futur gouvernement aussi légitime soit-il - ne pourra que déployer des solutions incomplètes et même souvent incohérentes donc plus coûteuses et sans effets  sur le développement des régions.
On ne pourra pas reprocher aux partis – notamment historiques -  de produire du flou là où la clarté est demandée, ou de faire de la démagogie quand  la pédagogie de la responsabilité politique est vitale au lendemain de la révolution. On ne pourra le leur reprocher tant que la période électorale est, dans toutes les démocraties du monde, consommatrice de flous, de démagogies et même de mensonges. Sauf que dans les démocraties qui se respectent, la qualité des Think Tank  fait la différence entre partis. Ces experts de haute volée façonnent les doctrines, construisent  les bouquets de scénarii et  estiment les coûts et les risques incidents. Bref, fourbissent les  armes de gouvernement d’un parti. Dans une démocratie établie, les chefs de partis sont des personnalités charismatiques, des démocrates convaincus catalyseurs  de consensus.  En campagne, ils vendent le programme du parti et surtout les espoirs qu’il porte  à un électorat, en général bien informé, vigilant et à la limite critique. De ce fait, le plus grand reproche qui peut être fait, c’est la superficialité des programmes ( du moins ceux qui sont déjà affichés, et le désert (non pas idéologique mais) doctrinal.
Ailleurs, la faillite des idéologies a laissé la place aux outils modernes de la prospective et des  feuilles de route sociopolitiques et économiques. Nos partis qui ont joué un rôle méritoire dans l’opposition à la dictature, n’ont pas eu de temps pour se préparer à gouverner si tel était leur ultime  objectif. Devant cet état de fait, il conviendrait de mobiliser la technocratie pour aider le politique à voir plus clair et maîtriser les aspects techniques de son programme.
Verrait-on après cette révolution, une convergence des uns et des autres autour de la question du développement.  
La coopération entre Politique et Expert, dans un environnement démocratique  caractérisé par la transparence et la participation profite à la population et au pays, en principe, points de convergence de tous les intérêts. Ni slogans, ni idéologies, ni combines politiciennes nationales ne doivent parasiter cette alliance.

lundi 23 mai 2011

La primavera española serait-elle en avance d'une révolution?

Il y a quelques mois, la Grèce était en ébullition. On n’a presque rien vu. A Athènes l’explosion de violence et l’absence de messages cohérents et mobilisateurs n’a pas attiré l’attention et encore moins la sympathie. Le gouvernement – socialiste – a su profiter de l’effet surprise pour effrayer l’UE qui a mis la main à la poche.  
Surtout, le printemps arabe n’était encore qu’un long et lugubre hiver sibérien.
 Aujourd’hui, et depuis le 15 mai, l’Espagne bouge. Les images et vidéos qui défilent sur la toile ont un air de déjà vu et vécu. Elles nous touchent et on veut savoir. On a même vu des drapeaux tunisiens devenus des étendards porte-bonheur pour les jeunes qui campent à la puerta del sol. Que veulent-ils ces espagnols aux allures de nantis ?. Pourquoi s’identifient-ils à la jeunesse tunisienne qui vient de surprendre le monde en début de millénaire, à une époque où l’on peut rêver de tout excepté de révolutions et de révolutionnaires ?.

L’initiateur : ''Democracia Real Ya!'', DRY , se défend d'être un parti politique et ne compte pas le devenir. Elle se définit,  dans le langage branché, comme une plate forme ‘’apartidista’’ et ‘’asindical’’ (bientôt traduisible dans les autres langues européennes) voulant signifier : en dehors du système politico-syndical qui régente la vie publique depuis que la démocratie est système. Il y a un demi siècle on les aurait appelés des anarchistes, aujourd'hui ils se réclament de la citoyenneté.
Son manifesto ?. Lisez plutôt: '' nous les chômeurs, les mal rémunérés, les précarisés, les jeunes nous voulons un changement et un avenir digne. Nous en avons assez des réformes antisociales qui nous jettent au chômage, des banques qui ont provoqué la crise et qui nous imposent les hypothèques ou occupent nos logements, de nous imposer des lois qui limitent notre liberté au profit des plus puissants. Nous accusons les pouvoirs politiques et économiques d'être responsables de notre situation précaire et éxigeons un changement de cap. Grâce à cette plate forme  nous voulons aider à coordonner une action globale et commune entre les associations, groupes et mouvements citoyens qui, à travers des voies distinctes ont l'intention de faire en sorte que la situation change''.
Notre slogan sera: ''Democracia Real Ya!'': Nous ''exigeons une démocratie véritable… maintenant''. ''Nous ne sommes pas une marchandise entre les mains des politiciens et des banquiers (No somos mercancía en manos de políticos y banqueros) ''.
Qui n’est pas tenté de rapprocher les deux mouvements populaires ?. Il est vrai que  
les différences entre les trames historiques, politiques et socioéconomiques de chacune des deux situations sont indiscutables car,  pour la plus part,  évidentes.  Il est vrai aussi que les indicateurs de l’OCDE, des N.U, de la BM et de toutes les chapelles de l’ordre économique mondial donnaient la Tunisie comme l’élève modèle (le miracle tunisien disait l’autre) et l’Espagne comme la jeune démocratie à l’économie dynamique et jusqu’à récemment saine. Chercher l’erreur.
En principe, mondialisation oblige, rien de ce que revendiquent les ‘’mo3tassimin’’ (acampadas) espagnols de la puerta del sol ne soit étranger aux revendications originelles de la jeunesse de sidi bouzid, de kasserine et du kef. Rien de ce que les espagnols à travers DRY exigent qui ne puisse l’être par les populations précarisées de ces régions et plus généralement de toutes les contrées de Tunisie.

‘’apartidista’’ et ‘’asindical’’ ?.  La révolution tunisienne spontanée et pacifique pouvait-elle  ne pas se  donner  corps et âme à un système politique aux contours encore flous et aux intentions hypothétiques. Une promesse de système.  Promesse que les espagnols nous disent qu’elle ne sera pas tenue. Parole d’experts.

Alors que la révolution tunisienne a été catalysée par une véritable plate forme facebook et que la jeunesse inventait de nouvelles manières de mobiliser, de porter des projets et d’animer la vie politique et citoyenne,  les caciques d’un autre siècle ont réussi à l’embobiner, à la récupérer et appâter. Silence on combine. Repassez, la révolution citoyenne, ce sera pour une autre fois. Inchallah.

dimanche 17 avril 2011

Pour une université tunisienne démocratique et citoyenne (v1.0).

I.   Préambule :
Beaucoup de problèmes dont a souffert l’université tunisienne proviennent de choix et de décisions non partagées par les universitaires. Beaucoup des textes juridiques qui plombent l’université sont élaborés loin du corps des enseignants chercheurs et des étudiants ou de leurs représentants. Ces constats ne sont pas du tout des slogans démagogiques ou des excuses pour justifier l’effondrement du système universitaire tunisien.
Il est évident que l’engagement de l’élite du pays à la formation des ressources humaines stratégiques est organiquement lié à la manière avec laquelle elle est considérée et surtout associée . Le manque d’adhésion observé ces dernières années reflète l’absurdité de la gestion des affaires scientifiques et pédagogiques où l’autorité de l’administration et surtout du politique a été exagérément amplifiée au détriment de l’autorité des maitres de la maison.
Nous avons vieilli et donné notre vie pour éviter que le toit ne s’effondre. Il est venu ‘’L’instant historique tant attendu’’ par tous le patriotes qui ont mis la main à la pâte. Pour leur pays.
Dans une étape transitoire, il faudrait éviter certains écueils qui, à mon point de vue, pourraient faire rater l’occasion de redresser la situation. Ne disait-on pas que ce redressement nécessitait une révolution ? Eh Bien, elle là.  Soyons à la hauteur.

II. Rapide  état des lieux :
1.      C’est le propre des dictatures, la gestion des affaires universitaires a été progressivement réduite, pour l’essentiel, dans les mains du ‘’MINISTRE de L’UNIVERSITE’’ et d’une manière  à la limite de l’absurde.
2.      Le manque d’adhésion du corps enseignant n’est que le résultat de cette politique aveugle, irresponsable et stupide,
3.      La gestion des structures universitaires a été ramenée exclusivement aux aptitudes personnelles ce qui l’a rendu précaire et aléatoire.
4.      La hiérarchisation académique (en collège A ou B) est devenue un repoussoir parce qu’elle a été instrumentalisée au profit d’un pouvoir  exorbitant d’un corps sans être pour autant justifiée ou ‘adoucie’ par l’obligation d’encadrement de jeunes enseignants qui débutent le métier sans aucun accompagnement ni conseil, ou de défense de valeurs morales traditionnellement liées à la vie académique.
5.      Les contre-pouvoirs étaient bien sûr absents. Ni conseils scientifiques délibératoires, ni représentants d’élèves porte-voix efficaces, ni représentation de contribuables ou de parents ou de milieux socioéconomiques. Ces derniers y étaient un peu perdus dans certaines institutions et pour la forme.
6.      Aucune relation logique entre les besoins de l’université et les moyens qu’on lui accordait. Rien n’est demandé au recteur à sa nomination à part l’obéissance aux injonctions de son ministre. A des  exceptions près, pas de vision, pas de programme d’action, pas de bilan…
7.      Les jeunes institutions créées sans rien, restent sans rien pendant plusieurs mandats avec un surnombre d’étudiants et un déficit d’enseignants connus par tous. C’est souvent un jeune enseignant ‘kamikaze’ qui accepte d’en prendre le commandement. Un de ces  jeunes qui l’a fait à Siliana a eu un accident cérébral. D’autres se sont sacrifiés dans l’anonymat. Il faut s’en rappeler. C’est le tribu de notre université pour éviter l’effondrement.
8.      Les programmes liés à la qualité et les évaluations internes et externes introduits, de bonne foi, dans nos institutions butaient sur un mur (de lamentation): ON NE PEUT PAS le faire sérieusement tant que l’institution ne ‘’maitrise pas ses processus’’ : avoir un processus démocratique et transparent de prise de décision, maitriser ses ressources, avoir un mot à dire sur ses inputs enseignants et étudiants et pouvoir budgétiser ses programmes et dépenser selon un système de contrôle à postériori  basé sur la confiance.

III.            Un régime de transition :
1.      Il faudrait une étape transitoire (le temps d’un mandat) qui prépare le régime de croisière de l’université. Loin de faire perdre du temps, cette étape va permettre de définir, démocratiquement, les bases, les règles et les acteurs majeurs d’une réflexion profonde sur ‘’la professionnalisation de la gouvernance de l’université  et son insertion dans la société’’. Sans cela, on risque de ''rater la révolution universitaire’’.
2.      En régime transitoire, il y aurait un ‘’diagnostic général approfondi de l’université tunisienne’’ qui pourrait prendre une année. Les assises seraient une clôture et non un lieu de débat approfondi.
3.      En régime transitoire, on pourrait aussi jeter les bases d’un système de gouvernance expérimental qui pourrait être confirmé ou modifié lors du régime de croisière.

IV.           Quelques pistes de réflexion :
Qui ne le sait, le système universitaire tunisien est archaïque. Les universitaires sont parfaitement capables de mettre la gouvernance au diapason de celle des universités avec lesquelles ils sont en contact permanent. La modernisation devrait tenir compte :
-   Du nouveau paradigme démocratique et de ses corollaires,
-   De nouveaux statuts des structures, des enseignants et des étudiants à mettre en place et dans lesquels : Les structures sont obligatoirement au service des enseignants et des étudiants. Les enseignants sont au service des étudiants et de la société. Il faudrait en mettre le prix.
-   De la prépondérance des équipes de management des affaires universitaires sur les personnes quel qu’en soient les compétences.

A ce propos, le Top Management, emprunté à la terminologie de l’entreprise,  désigne les ressources humaines stratégiques de l’entreprise qui dirigent des opérations ou des structures. Bien sûr, elles ne sont pas élues mais désignées selon des critères de performances et de leadership. Dans l’entreprise, le déficit démocratique est occulté par ‘’le résultat’’ et la performance qui sont ses raisons d’être. A l’université, nous pouvons utiliser ce terme pour signifier la même chose : ceux qui dirigeront les structures d’administration des affaires universitaires qui concernent directement les activités d’enseignement, de recherche et on pourrait ajouter de  ''services pour la collectivité'' (ouverture sur l’environnement culturel et socioéconomique). Cette activité devant être discutée dans le cadre des nouveaux statuts. Toutefois, il y va sans dire que le Top Management universitaire est non seulement élu mais a une obligation de résultats.
On pourrait proposer un système similaire ou proche à ceux qui existent ailleurs et est adoptés dans un environnement démocratique.

-          Par quoi commencer, TOP DOWN ou Down-Top?
Cela dépend des objectifs de l’étape et du mode électoral : suffrage universel : vote direct du corps électoral ou suffrage restreint aux grands électeurs (conseils des représentants ou des directeurs et doyens). Dans l’étape transitoire, on cherchera le système simple, représentatif et surtout consensuel (par exemple, adopter le système négocié entre le MESRS et les syndicats) et qui sera objet de révision jusqu'à adoption 'définitive'.

Il nous est offert l’opportunité de changer pour le bien de notre université et ce changement va coûter mais rapportera gros. Il va coûter à l’administration et aux syndicats de concéder un peu de leurs pouvoirs ou prérogatives au bénéfice de notre Tunisie. Il faudrait en être conscient. Quelque soit le mode électoral et quelque soit la fonction à laquelle on se présente, il est proposé que :
1.      Un candidat se présente avec un projet ou un programme d’actions fondé sur une vision et un diagnostic qui montrent qu’il connait la maison ou les méandres de la fonction à laquelle il se présente,
2.      Il est fortement recommandé  pour les hautes fonctions comme pour les plus petites de s’entourer d’un collaborateur avec qui il partage la vision. Le ticket ainsi constitué s’engage, une fois élu, de s'engager conjointement à la réalisation du programme. Cette équipe est la garantie qu’il se formera un vivier de responsables expérimentés pour nos structures universitaires que l’alternance démocratique lui donnera richesse et diversité. Il n’y aura plus de despotisme ni d’exaction volontaire si la possibilité d’être un jour minoritaire et de s’en aller se profile réellement à l’horizon. Ce minimum exigé, le ‘’Ticket, couvre à peu près le couple rarement d'affinité et encore plus rarement ayant la même vision, Doyen/Directeur-Directeur des études’’. La majorité des couples n'ont pas bien fonctionné car se sont des couples forcés. Il y a lieu, à propos, d’éliminer cette dichotomie directeur/doyen. Ils seront tous des doyens ou vice-doyens élus.
3.      Les conseils doivent être délibératifs. Ils seront élus par la base.
4. Les représentants du milieu socioprofessionnel ont des avis délibératifs sur le budget alimenté pzr les ressources propres de l'université ou de l'institution,
5.      Le conseil de l’université, de l’institution ou du département peut entendre les candidats au poste sur la base de programme déjà diffusé dans ses grandes lignes à la communauté concernée. Le conseil classera les candidats et proposera à la tutelle qui valide. L’élection tient compte du caractère réaliste du programme et l’adéquation entre moyens et objectifs, ce qui suppose une transparence de la gestion du budget d’une part et une proximité des candidats par rapport aux affaires de l’université ou de la structure d’autre part. Ainsi, les candidats ‘’parachutés’’ ne seront pas les bienvenus.
6.      Préparer à l’avance et donner du temps raisonnable à la campagne électorale qui doit s’accompagner de débats sur les programmes des candidats.


La distinction entre les collèges est une réalité, différemment exprimée, dans toutes les universités du monde. Elle ne pose pas un problème en tant que telle dans la mesure où dans tous les métiers il doit y avoir une évolution plus ou moins distinctive dans la carrière. Les problèmes sont ailleurs :
1.      La révision des statuts devrait faire de cette différentiation une vraie cartographie des droits et des obligations: notamment obligation des séniors à accompagner, former, aider et passer le relais aux plus jeunes dans le métier. L’effondrement de notre université est dû en grande partie à l’implosion de cette structuration professionnelle interne. Un débat nécessaire. Il était absurde, par exemple,  d’avoir deux syndicats différents alors qu’il y avait une communauté d’intérêts socioprofessionnels évidente.
2.      La priorité des corps (A) en matière de candidature aux fonctions sera battue en brèche par la rareté de ce corps dans certaines institutions notamment de l’intérieur. Là, on est tout juste content de trouver un maitre assistant dévoué et résident qui doit être préféré à un corps A qui dirige à distance sacrifiant ainsi, avec la complicité de l’administration, les intérêts de l’institution.
3.      A terme, lorsque les obligations des uns et des autres seraient rétablis, les jeunes seront si contents de trouver un Maitre, un vrai, qui leur prend la main, et sans attendre des bonus  ou autres privilèges anti-démocratiques.

4.     Ne pas oublier que :
1.      La représentation des étudiants est actuellement insignifiante. Son renforcement  doit être exigé par les enseignants. Parce qu’ils sont les pupilles de nos yeux et les partenaires tant marginalisés y compris par les enseignants nous mêmes.
2.      le processus de formation et de recherche sera performant grâce, aussi, au personnel de support technique et administratif. Ils doivent avoir droit au chapitre…démocratique.
3.     En régime de croisière, un décalage bien étudié de l'agenda électoral entre les différents niveaux des fonctions, devrait exister afin que le Top Management de l’université ne change pas de fond en comble le même mois.

17 04 2011
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samedi 9 avril 2011

Ce nouveau siècle est le nôtre, méritons le.

Il n'est point contestable que la révolution tunisienne, mère de toutes les révolutions arabes en cours, a induit une immense lame de fond sociopolitique qui va déterminer en bien et en mal les relations stratégiques entre les pays de la région où se propagerait l'influence du monde arabe. Nous pouvons, ainsi, dire que le 14 janvier 2011, la révolution tunisienne a définitivement sonné le glas du siècle dernier et de ses vicissitudes.
Voilà un siècle dont la première moitié fût marquée par des guerres planétaires et atroces qu'on peut qualifier de guerres d'influence et d'hégémonie dont l'Europe et les EU furent de sinistres maitres d'oeuvre. Et une deuxième moitié marquée par une quête permanente de l'hégémonie absolue par des vainqueurs renforcés par les vaincus d'hier devenus alliés indéfectibles. Hégémonie exercée sur des ''terres sans peuples'' gérées  par des godillots qui rendirent des services payés de retour soit par de vulgaires salaires (Le roi hassan de Jordanie n'était-il pas un agent de la CIA qui avait son matricule, son nom de code et ses traites?) soit par une couverture abjecte des pratiques à la fois mafieuses et dictatoriales.  Hégémonie ponctuée par des bastonnades administrées par les plus forts à coups de médiamensenges à la moindre incartade d'un godilliot qui montrait des velléités de désobeissance ou qui ne correspondait  plus à l'étape. Leur étape. (Panama, Irak, Haiti, Lybie  ...)  y compris au prix de l'anéantissement d'un peuple. En vérité, cette deuxième moitié a engendré le plus de victimes et de dégâts car, pernicieuse et systématique, la pieuvre  s'est attaqué aux fondements de nos sociétés et aux substrats sur lesquels adhèrent et se nourrissent nos valeurs. Elle s'est attaqué aussi à nos ressources humaines avant nos richesses naturelles et vidé ainsi nos pays de leurs substances qui auraient pu nous apporter dignité et liberté. En plus, dans cette  deuxième moitié, la technologie des vainqueurs a été, entre autres,  mobilisée et instrumentalisée au service de  leurs desseins hégémoniques et était et continue d'être un argument de supériorité et jamais de partage. Le 14 janvier, surpris dans leur lit de miel, les vainqueurs se sont accourus pour s'assurer que ce n'était pas '' si grave'' et qu'il conviendrait, au plus vite, d'encadrer cet incident de parcours. Mais, hélas pour eux, un nouveau siècle a commencé ce 14 janvier. Les peuples auront, certes,  à s'affranchir des obstacles et débrits  qui jonchent leurs chemins vers la démocratie et, sûrement, pourront s déjouer aussi de cette domination et protéger leur liberté. 
En fait, ce nouveau siècle est sans doute le nôtre, mais il faut le comprendre et consentir davantage de  sacrifices  pour le mériter. Il sera un siècle centré sur l'Homme et en cela notre longueur d'avance, si fragile, est à préserver et consolider en partageant et protégeant  les valeurs de la révolution,  celles-là mêmes qui ont changé tant de choses en nous en si peu de temps.

samedi 2 avril 2011

Politique fiction: Qui l'eut cru en 2011?.

dans ce magma bouillonnant du paysage politique tunisien, des 50 partis ayant pris position sur la ligne de départ, beaucoup savent que la moitié est là pour un baroud à l'honneur de  la révolution  et ses martyrs. Les trois quarts de la deuxième moitié se sont constitués en partis sur des slogans périmés d'un autre siècle alors que tout a changé et tout continuera à changer à un rythme effréné. Le reste, par le jeu d'alliances et de coalitions strictement électoralistes et donc  conjoncturelles, sera réduit à trois ou quatres partis.  animant la vie démocratique  qui sera, nous l'espérons vers 2025-2030, le régime de croisière de la Tunisie démocratique du troisième millénaire.
De prime abord, tous les partis autorisés par l'ami RAJHI sont à créditer d'une affiliation républicaine quelque soit leur obédience et doivent respecter les objectifs de la révolution en participant à l'édification d'une vie sociale et politique nouvelle, moderne et rompant avec les pratiques d'avant le 14 janvier 2011. Par ailleurs, d'aucuns se demandent quels partis vont  réellement émerger en tant que forces politiques significatives et avoir l'honneur d'être dans le dernier carré et pour lesquels il conviendrait de s'investir, Sans devoir lire dans la boule de cristal politique, un observateur politique peut se baser sur:  i) le profil démographique de la population tunisienne, ii) le profil économique en régime de croisière (vrais statistiques), iii) la cartographie de l'indice du développement humain et iv) les tendences technologiques qui se profilent à l'horizon. Il peut de même, compter avec les  acquis de la modernité et de l'éducation d'une part et d'autre part capter les différents courants politiques dominanrs et changements produits dans le monde. Alors, il pourra s'essayer à la prospective moyen terme afin de dessiner les contours de la vie politique tunisienne à l'horizon 2030. Ce jeu est fort intéressant car beaucoup de ce qui se passera demain prend racines dans le quotidien de la scène politique d'aujourd'hui. Les gourous de la prospective savent bien le capter et l'exploiter. Pour s'amuser on peut imaginer se réveiller un des matins de 2030 en constatant que:
1. Le centre de gravité politique en tunisie oscille depuis quelques années déjà entre le centre droit et le centre gauche. Tout écart gouvernemental par rapport à cette marge politique a produit une instabilité dans le pays. Cela a toujours été sans conséquences car  le régime du scrutin mis en place depuis 2011 et corrigé depuis au moins quatre fois, exprime fidèlement la volonté populaire et a fini par doter le  système politique tunisien d'une bonne résilience.
2. La spécificité du substrat socioculturel de la tunisie a fait que le centre droit s'est constitué autour  d'une sorte de ''démocrates islamistes '' apaisés et plutôt '' AKP tunisiens'', alors que le centre gauche représente les gardiens de la révolution (au sens 14 janvier). En fait, des  quasbaouis authentiques assagis, alliés à  des travaillistes transfuges des syndicats résultant de l'éclatement de l'UGTT au nom de la pluralité syndicale. Tous fidèles des plus fidèles, humanistes et laics attachés à une social démocratie parfumée par les senteurs régionales. Ces deux pôles sont arbitrés par deux grandes sensibilités qui pèsent sur la vie politique par les alliances et les blocages qu'ils ont toujours su provoquer: d'un côté ''les démocrates Verts'' qui, de l'avis de tous, ont été la  bonne surprise de la  tunisie nouvelle. De l'autre, les '' modernistes'' vigilents gardiens des droits de l'homme et de la femme héritiers d'un bourguibisme en permanente mutation.
3. La persistence de groupuscules extrémistes d'un autre siècle a d'autant plus posé de problèmes que l'éclat de leurs (ex)actions a été systématiquement  amplifié par les médias électroniques. Ces derniers sont devenus une vraie caisse de résonance de la vie sociale et politique du pays. Les partis centristes de gouvernement, sous pression,  n'ont pu jusqu'à ce jour résister à la tentation de  récupérer leurs causes (et leurs partisans) ce qui a créé régulièrement  des instabilités. Toutefois, le retour aux urnes ( informatiques) ramène la stabilité. le système politique tunisien a gagné en maturité et la génération au pouvoir est de son époque. Pour le reste les tunisiens se mettent à produire des champions, des artistes de renommée et des savants de couleur locale. Qui l'eut crut en 2011, quand la Tunisie était au bord du goufre?







  






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jeudi 31 mars 2011

La révolution tunisienne peut-elle échouer?

A la veille de ce qui a été convenu d'appeler Quasba III, d"aucuns s'interrogent sur ces mouvements de foules, leur représentativité, leurs objectifs réels et le danger qu'ils font encourir à la marche vers la démocratie et par conséquent la réalisation des objectifs de la révolution.  En régime transitoire, un groupe n'ayant pas de légitimité établie par les urnes, peut-il risquer de faire échouer une révolution en l'empêchant de trouver son chemin?. Une révolution a-t-elle la possibilité de se défendre, en d'autres termes, la communauté potentiellement majoritaire peut-elle utiliser tous les moyens pour faire aboutir sa révolution?. Pourrait-on établir une représentativité transitoire comme on installe une justice transitoire?. Comment protéger la révolution contre les diversions des faux révolutionnaires et les coups de butoirs des vrais extrémismes?. Pourquoi un consensus  établi n'a pas force de loi même transitoire. Surtout transitoire?. Une légitimité révolutionnaire, elle existe, doit-elle pour gouverner , se prévaloir d'un CV politique?. Le temps n'a-t-il pas un pouvoir exorbitant dans la marche vers la démocratie? et la violence y est-elle inéluctable?. La qualité du substrat socioculturel déterminera-t-elle seule l'issue de la partie? Les médias, en grossissant les effets minoritaires, participent-ils à l'initiation démocratique? le silence des masses doit-il être rompu en cas de force majeure: le risque d'effondrement d'une révolution?. L'armée a-t-elle préparé le plan B?... 

De l'autre côté, même en transition démocratique, la minorité n'est-elle pas la conscience de la révolution? n'est-elle pas nécessaire pour aiguillonner des ''apprentis-sorciers'' tentés de reproduire des postures et des pratiques balayées par les révolutionnaires? le danger ne viendrait-il pas plutôt du côté des conservatismes et des inerties qui ont survécu au régime abattu? L'expérience de Quasba I et Quasba II n'avait-elle pas permis de redresser la barre politique dans le sens positif voulu par la majorité des tunisiens? se sachant minoritaires, ces quasbaouis  ne sont-ils pas dans leur rôle d'opposition éminemment démocratique et républicaine?

Alors, pourquoi s'inquiéter si, l'Histoire le dit, ce dur apprentissage de la démocratie ne va pas sans douleurs? Pourquoi s'inquiéter si l'on sait d'avance que ces prédateurs de la Quasba avec la frayeur qu'ils occasionnent, sont si nécessaires à la qualification des gazelles de la révolution?.